Ce qu'il faut savoir pour devenir psychologue clinicien



En France, le titre de psychologue est unique. Ce qui signifie qu'il ne comporte pas de mention spécifiant de manière explicite telle ou telle compétence particulière (neuropsychologie, psychogérontologie, etc...). Il est indissolublement lié à un niveau universitaire de qualification, correspondant à 5 ans de formation et l'obtention du diplôme sanctionnant le titre de Psychologue. Des compétences spécifiques peuvent être acquises à l'issue de formations spécialisées, mais le titre reste le même. 


La formation elle aussi est unique (Licence et mastère de Psychologie). La mention des spécialités est invisible au Législateur, mais indispensable à l'employeur. Un titre unique est délivré à l'issue d'une formation unique. L'ensemble se prolonge naturellement dans une profession unique. Encore une fois, cette formule ne fait pas disparaître la diversité des métiers particuliers et des fonctions spécifiques. Elle met seulement en correspondance la réalité d'un titre, d'une formation et d'une profession. L'ensemble forme un emboîtement harmonieux et équilibré. Il constitue la base sur la quelle se fonde la discipline et la profession.

Mais bons nombres d'aspects, cependant, ne font pas d'un étudiant fraîchement sorti de l'université un psychologue clinicien mature : l'expérience (et donc, en premier lieu, les stages!) se révèle nécessaire pour acquérir les données suffisantes au bon exercice de la fonction. Devenir psychologue clinicien dans le secteur libéral, par exemple, ne s'improvise pas.

Outre cela, le psychologue clinicien à un rôle à jouer auprès des patients, autant qu'auprès des personnes qui l'entourent et plus généralement auprès aussi des personnes "saines". Il se doit de respecter les règles qui demeurent indissociables de sa fonction (et notamment le code de déontologie).

Toutefois, la société hésite à définir précisément le rôle social, les objectifs humains et les missions qui incombent aux psychologues. Moyennant quoi les statuts sont éclatés et l'harmonisation de la réglementation de la profession renvoyée à un futur lointain ou maintenue dans un flou exemplaire. Le psychologue semble bien ne pas être reconnu tel qu'il le devrait, ce qui engendre des conséquences fâcheuses pour l'exercice de ses fonctions : les difficultés rencontrées sur le marché de l'emploi n'y sont pas étrangères, comme toute profession dont la discipline est nouvelle.

La psychologie clinique est en effet récente (Lagache, 1947) et à ce titre, elle est confrontée à des problèmes qui se répercutent sur la profession. Bien des différences sont perceptibles entre la théorie et la réalité du métier : outre les idées admises par la société, qui ne favorisent pas non plus la reconnaissance des psychologues, les plus graves difficultés qui en découlent forcent parfois le psychologue à accepter du travail dont les horaires ne subissent aucune réglementation, multipliant les emplois et les lieux de travail. Peu de postes sont créés chaque année, la filière est déjà saturée malgré le nombre d'établissements qui pourraient avoir besoins de ses services. Trouver un emploi nécessite une motivation conséquente. Il convient de mesurer sa stratégie de recherche d'emploi bien avant l'obtention du DESS.

Une stratégie offensive


C'est le conseil récurrent donné à ceux qui se destinent à une carrière de psychologue clinicien. La formation seule ne suffit pas, multiplier les stages se révèle être un atout de taille, de même qu'un dossier de formation solide. De plus, réfléchir au marché de l'emploi, faire des études de marché et diffuser des propositions concrètes sont des idées à travailler sérieusement : bon nombre de psychologues se voit offrir l'emploi qu'ils ont su créer. Tout cela peut peut-être permettre de faciliter l'entrée dans la vie active rendue très aléatoire par les conditions de recrutements et les problèmes liés à la profession.

(Rappel) Futurs psychologues cliniciens, prenez bien conscience que :

- La plupart des psychologues cliniciens considèrent leur travail comme complémentaire à celui des médecins : la fonction citée le plus souvent pour définir leur rôle est la fonction de soin du patient, décrite précédemment (Que fait le psychologue clinicien? Fonctions, buts et travail du psychologue), les avis sur cette description diffèrent peu.
- Travaillant en équipe pluridisciplinaire (c'est souvent le cas, sauf dans le secteur libéral) ou non, ils sont quoiqu'il en soit très accompagnés par d'autres personnes, c'est-à-dire en rapport avec beaucoup d'autres professions, essentiellement le personnel médical, mais pas seulement. Il est essentiel de savoir travailler en équipe!
- Il semble très difficile de trouver un emploi dès la sortie des études (encore plus un emploi à temps plein !), il ne faut pas avoir peur de changer totalement de lieu géographique, la mobilité peut être décisive.
- Les stages sont au maximum conseillés, surtout dans un secteur que l'on se destine (psychopathologie, néo-natal, gérontologie...). Les stages contribuent à préciser la qualification à l'employeur et offrent souvent des opportunités de création d'emploi (voir : La formation du psychologue clinicien).
- Les emplois à temps plein sont peu nombreux, le psychologue exerce souvent deux ou trois emplois. Les CDD sont courants, les recrutements se font parfois sur des horaires inférieures au mi-temps, sur plusieurs services ou plus de deux établissements (voir Emploi dans le secteur de la santé, statut et difficultés)
- Le 1/3 temps F.I.R. n'est pas toujours respecté, d'autant moins pour les contractuels à temps non-complet. (voir Fonction clinique et fonction de formation, information et recherche)
- Les passerelles vers d'autres métiers sont peu nombreuses (ou peu connues). En fait, le secteur de la psychologie clinique admet de nombreuses spécialités, dont beaucoup diffèrent suffisamment pour qu'on les considère comme étant des métiers différents. On peut dire que le psychologue clinicien reste psychologue clinicien, mais qu'il a accès à de nombreux services à l'intérieur du secteur sanitaire et social.