Expérience d'hospitalisation psychiatrique.



Les psys et le personnel médical seraient-ils des antisociaux en puissance? Lors d'une expérimentation, des psys ont pu montrer que leur collègues ainsi qu'infirmières et surveillants, avaient une malsaine propension a traiter leurs patients avec un degré plutôt effrayant... d'inhumanité.

Au Moyen-âge et dans l'antiquité, les patients psychiatriques, atteint aujourd'hui de ce que l'on nomme "troubles mentaux", étaient appelés "malades mentaux". Ils étaient parfois considérés comme possédés par un esprit malin, le diable, des démons...
Cette classification de maladie mentale, logiquement, auraient dû faire placer ces malades mentaux sur le même plan que les malades physiques. Pourtant, tout comme aujourd'hui, les patients étaient souvent traités avec rejet, considérés comme des malades chroniques incurables, dont on s'éloignait. Le cas n'est pas rare, encore, de nos jours. Les gens ont tendance à éviter les malades mentaux, souvent par crainte de ce qu'ils ne connaissent pas, et par peur surtout, de ce qu'ils ne comprennent pas. 

Ce qui est surprenant toutefois, est de voir que le personnel médical sensé connaître mieux les affections mentales, sont également coupables de cette distanciations : ils ont tendance à ne pas se mélanger aux patients, à les éviter. Ils passent ainsi leur temps dans les endroits des établissement psychiatriques, où la présence des patients est interdite... Les psychiatres passent ainsi moins de temps auprès des patients que les infirmiers, qui passent eux-même moins de temps auprès des patients que les surveillants! Pire encore : les surveillants, qui sont sensé passer la majorité de leur temps de travail en contact direct avec les patients, passent en définitive plus de temps dans les locaux ou les patients ne peuvent aller, plutôt qu'avec les patients...

Du délire? jugez-en par cette expérimentation, réalisée une fois encore par l'équipe de Rosenhan en 1973, lors de la fameuse expérimentation qui montrait le pouvoir des étiquettes et des préjugés sur la réalité de la santé mentale d'un patient.

Lors de cette mini-expérimentation, les pseudo-patients demandaient au personnel médical (du surveillant à l'infirmière, en passant par le psychiatre), quand ils seraient présentés au personnel, ou bien quand ils pourraient sortir de l’établissement. C'est avec une incroyable désinvolture, voire une insensibilité manifeste qu'il furent traités : la majorité du temps, les psychiatres ignoraient la question ou répondaient avec une absence profonde de compassion. Pire, même les surveillants et les infirmiers se montraient aussi peu compatissants.

Comme "groupe contrôle", un jeune étudiant approchant des universitaires diplômés, reçut systématiquement de l'aide de ses aînés. Est-ce à dire que les personnes présentant des troubles mentaux doivent être traités dans l'aspect relationnel, de façon si différente de n'importe quel autre être humain? Cela vient il du lieu? de la profession? Pourquoi pas! lorsque l'étudiant demanda à nouveau de l'aide, cette fois-ci, dans la fac de médecine, ces aînés médecins non-psychiatre, l'aidaient là encore volontiers. Les psychiatres, par contre, s'ils l'aidaient, semblaient plutôt agacés : 22% limitèrent leur interaction au strict minimum... Ne deviendrait-on finalement pas antisocial par cette profession?

Pourcentage de personnes qui ont interagit avec le patient ou l'étudiant-contrôle


Contact

Psychiatre répondant au patient

Surveillant ou infirmier répondant au patient
Universitaire

Psychiatre répondant à l'étudiant

Docteur répondant à l'étudiant
Réponses









ne détourne même pas la tête %
71 88 0 0 0
lève les yeux vers le demandeur (%) 23
10

0 11 0

fait une courte pause et parle (%)
2 2
0

11 0

S'arrête et discute (%)
4 0.5 100
78

100

Impuissance et dépersonnalisation


Les patients étaient impuissants. Certains d'entre eux, étaient tout bonnement physiquement molestés pour avoir tenté de converser avec les surveillants. On pourrait croire à une époque révolue, si ce n'était les récents reportages témoignant des abus du personnels de cliniques, gériatriques ou spécialisées dans le traitement des troubles mentaux, qui ont encore lieu de nos jours...

Les comportements indignes infligés aux patients psychiatriques, parfois avec raison, mais souvent sans, ne sont pas choses rares : l'intimité en clinique ou en hôpitaux est peu respectée - y compris dans les toilettes. La liberté de mouvement est parfois fortement réduite sans justification liée au patient. a l'époque de Rosenham, certains patients étaient brutalement traités par le personnel médical, parfois devant les autres patients, mais par contre jamais devant d'autres personnels médicaux - comme si le témoignage d'un patient souffrant de troubles mental n'avait plus aucune valeur et n’entraînait plus aucune crainte.

En conclusion...

...et il est nécessaire pour le personnel médical de se le rappeler, les patients souffrant de troubles mentaux sont avant tout des humains, malades au même titre que des malades physiques - bien que certaines dispositions spécifiques doivent effectivement leur être accordées ou imposées. Le normal et le pathologique ont toujours posés, et c'est encore le cas de nos jours, des problèmes de définition. Il est donc convenable de se rappeler qu'avoir collé une étiquette (syndrome ou symptômes) sur un patient, nous fait inconsciemment l'accepter, et parfois en dépit du bon sens ou des signes qui pourraient l'infirmer. Il faut à tout prix prendre conscience que comme tout un chacun, le personnel psy et médical est la proie constante des stéréotypes et des préjugés.

Plus encore, il faut apprendre à ne pas déshumaniser les patients atteints de troubles mentaux. Ils ne sont pas forcément incurables ou sous-humain. Leur sens de la justice, la confiance que l'on peut leur accorder, ou leurs sentiments, sont rarement altérés et encore moins inexistants.