Statistiques et caractéristiques du suicide en France et dans le Monde



Avec près d'un million de morts par an, c'est l'une des plus importantes sources de mortalité à l'échelle du globe : le suicide cause presque la moitié des morts violentes (non-naturelles), et les estimations actuelles établissent que le nombre de suicides devrait atteindre 1,5 million par an d'ici à 2020. Le suicide cause davantage de morts que les guerres ou les homicides!
Pour chaque suicide, il n'y a pas seulement une vie de perdue, mais une véritable tragédie humaine, sociale est économique. Le suicide coûte des milliards d'euros chaque année, des familles sont plongées dans la détresse, des enfants orphelins, des proches déprimés et eux même, présentant alors davantage de risque de suicide...

Dans la plupart des pays européens, le nombre de suicides dépasse de loin le nombre de morts sur la route (environ 300 fois plus). En France, en 2007, le nombre de suicides pour un homicide atteignait la proportion de 27 suicides pour 1 homicide!

Le suicide est très dépendant des cultures : ainsi, s'il atteint son taux maximal dans les pays de l'est de l'Europe, il représente une proportion beaucoup plus basse dans les pays d'Amérique Latine, les pays Musulmans et quelques pays d'Asie.

De nombreuses tentatives de suicide ne débouchent pas sur la mort, mais sur l'hospitalisation. Une majorité de suicidants (c'est ainsi que l'on appelle les personnes ayant fait une tentative de suicide sans s'être donné la mort effectivement) doit ainsi compter avec les blessures physiques et morales résultant de la tentative. 

Le taux de suicide augmente avec l'âge, mais dans les sociétés occidentales, de récentes études lancent un cri d'alarme vers la population des 15-25 ans, qui se trouve de plus en plus touchée par le phénomène. A l'exception de la Chine rurale, ce sont généralement les hommes qui se suicident le plus, plutôt que les femmes.

Le suicide a de nombreuses origines, incluant une interaction de plusieurs causes sous-jacentes, telles que la pauvreté, le chômage, la perte d'un être cher, les disputes de couples ou les conditions stressantes de la vie quotidienne. L'histoire de famille ponctuée par un ou plusieurs suicides est également un facteur de risque, de même que l'abus sur mineur, l'isolation sociale et certains troubles mentaux tels que la psychose maniaco-dépressive, la dépression, la schizophrénie, qui jouent un rôle central dans un large nombre de suicides. Une mauvaise santé physique, telle que des douleurs constantes, sont également des facteurs importants.

"Il est pourtant important de réaliser que le suicide peut être prévenu" explique le Professeur Mehlum.

Les méthodes les plus courantes sont les pesticides, les armes à feu, les médicaments en excès (tels qu'antidouleurs). De simples gestes permettent de lutter contre cette dernière tendance : emballer les médicaments dans des poches plastiques ne permettant d'en prendre qu'un à la fois, plutôt que dans des tubes, beaucoup plus accessibles. Réduire l'accès aux armes à feu ou aux pesticides (spécialement en Chine rurale pour ces derniers) permet d'éviter beaucoup de suicides. 

Outre ces facteurs techniques, des facteurs sociaux sont parmi les mieux à même de réduire les risques de suicides : améliorer l'estime de soi et la connexion sociale, spécialement avec la famille et les amis, avoir des supports sociaux (faire partie d'associations réelles ou de groupement réels - pas virtuels!), être engagé dans une relation stable, appartenir à une communauté religieuse... Tous ces facteurs ont déjà largement été identifiés comme des agents de prévention du suicide.

En psychologie, le dépistage précoce et le traitement approprié des troubles mentaux constituent également des facteurs forts de prévention. On a également les preuves qu'une éducation correcte réduit les risques de suicides. De grandes interventions sociales ou gouvernementales basées sur la facilitation de l'accès à l'aide et aux soins (par téléphone, par accès direct...), ou sur l'amélioration du lien social ont également apporté les preuves de leurs bénéfices. En plus de cela, l'intervention psychologique, psychosociale, les interventions de prévention au suicide, les centres de préventions, les programmes de prévention scolaires, représentent d'importantes et efficaces stratégies permettant de réduire les risques.

L'origine de l'aide est également importante, du point de vue du statut de l'aidant : médecin ou personnel médical, enseignants, officiers de prison, journalistes et professionnels des médias... Et les survivants de tentatives de suicides, constituent des sources à la fois crédibles et influentes, susceptibles de transmettre le message de prévention avec force. 

Les médias sont particulièrement impliqués dans le suicide et sa prévention : certaines études ont montré par le passé que l'exposition, par exemple au journal télévisé, des suicides et de leurs causes, sans ménagement, pouvaient provoquer des vagues de suicides. Les médias sont pourtant parmi les premiers à pouvoir se montrer influents dans la prévention, en réduisant la stigmatisation des suicides et des troubles mentaux, en rappelant les diverses méthodes de prévention et d'aide...

Pour en savoir plus : Suicides et tentatives de suicide, qu'est-ce?