Les bienfaits des animaux domestiques sur le bonheur et la santé



Si plus de 50% des personnes possèdent un animal domestique, il y'a forcément de bonnes raisons, non? La psychologie positive le confirme : les animaux domestiques sont une source formidable de soutien émotionnel et social, non seulement pour les personnes en difficulté physique ou sociale (handicapés, aveugles, personnes âgées seules...), mais en fait, également pour tout un chacun.


Un soutien qui vous tient toujours la main.
Les propriétaires d'animaux domestiques, en moyenne, se sentent généralement mieux, physiquement et mentalement, que des personnes sans attache animalière, à en croire l'étude menée par Allen McConnel, de l'université de Miami, publiée en 2011 dans le Journal of Personality and Social Psychology. Particulièrement, les propriétaires d'animaux domestiques ont généralement une meilleure estime d'eux-même, sont physiquement plus en forme, socialement entourés (moins tendance à être seuls - concernant les relations humaines!). Leur personnalité est également différente de celle des personnes sans animaux domestiques : les amis des animaux sont plus consciencieux, plus extravertis, moins craintifs et moins préoccupés (soucieux, anxieux), de manière générale.

Que d'avantages, semble-t-il! Avoir un animal domestique est une pratique ancienne mais pas forcément partagée largement auparavant : les animaux domestiques sont en effet beaucoup plus nombreux depuis quelques décades, probablement à la grâce de facteurs conjugués, tels que de meilleurs revenus, plus de place et de possibilités de soin, etc... Une étude datant de 2006, entreprise par l'American Pet Products Manufacturers Association, établit à 75% la proportion désormais, d'habitations (aux USA) dans lesquelles on trouve au moins un animal domestique, alors qu'ils n'étaient présents que dans 56% des habitations en 1988.

Selon l'étude de McConnell et collègues, plus qu'un phénomène de société, le partage de la vie quotidienne avec un animal domestique est également un bénéfice de santé. Cette recherche s'est déroulée dans un premier temps avec un sondage, réalisé sur 217 personnes, qui avait pour but de déterminer les différences entre propriétaires (d'animaux domestiques) et non-propriétaires, sur des critères tels que la satisfaction générale (le ressenti de bien-être, de bonheur, globalement), le type de personnalité, le style d'attachement... Les premiers résultats obtenus grâce à cette enquête permirent d'orienter la recherche, en révélant que les propriétaires d'animaux domestiques semblent plus heureux et en meilleure santé que les non-propriétaires.

La confiance en soi enseignée par l'animal. Démonstration.
McConnell et ses collègues ont ensuite étudié spécifiquement 56 propriétaires de chien(s), confirmant et affinant la tendance dégagée dans la première enquête : les propriétaires de chiens qui pensent que leur chien améliore certaines de leurs caractéristiques (confiance en eux, sens de leur existence...) tirent effectivement bénéfice de leur relation émotionnelle et sociale inter-espèce. Attention : les propriétaires qui ne pensent pas que leur chien remplit certains besoins sociaux ou émotionnels, se sentent par contre moins bien que les précédents.

Les chercheurs ont ensuite enquêté auprès de 96 étudiants propriétaires d'animaux domestiques, sous un prétexte trompeur (ils ne savaient pas qu'ils avaient été choisis parce qu'ils possédait un animal domestique), en leur demandant de se souvenir d'un épisode de vie dans lequel ils se sont sentis exclus, et de décrire cet épisode. On leur demandait ensuite de décrire leur animal de compagnie (groupe 1), leur meilleur ami (groupe 2), ou de dessiner un plan de l'université (groupe 3). Pour quelle raison? Demander à une personne de se remémorer un épisode de vie dans lequel elle s'est senti exclue la replace mentalement dans ce contexte (assez malheureux). Pour passer outre et se sentir à nouveau mieux immédiatement, il suffit de repenser à un évènement heureux (ou une personne, ou... ). Ce ressenti de l'instant (bien-être ressenti) peut être aisément évalué par la personne à qui on le demande. Bref, l'étude visait à placer la personne dans un contexte mental morose, et vérifier que repenser à son meilleur ami, ou à son animal de compagnie, réduisait la tension exercée lorsque le mauvais souvenir avait été ré-évoqué.

Il arrive que l'animal prenne la place d'un ami. Au sens propre.
Décrire son animal de compagnie ou son meilleur ami, présente l'effet réducteur de la même façon. Autrement dit, du point de vue du bien-être personnel, on ressent autant de plaisir et l'apport émotionnel présente des effets similaires, dans le cas d'un animal de compagnie ou d'un ami. Socialement et émotionnellement parlant, l'animal de compagnie représente un soutien efficace, comme peut l'être un ami (tout autre considération gardée : il est évident qu'un ami peut communiquer plus facilement, aider plus facilement, d'un point de vue matériel, etc...). Précisément, dans le cadre de l’expérimentation, repenser à la configuration de l'université n'avait évidemment aucun effet sur l'état émotionnel d'un participant à qui l'on venait de demander de se souvenir d'un évènement pénible : il se sentait bien entendu un peu plus rejeté que la moyenne. Par contre, les participants des groupes 1 et 2 voyaient leur sentiment de rejet diminué par la simple évocation de leur ami, ou de leur animal de compagnie.

Cela dit, il n'est même pas nécessaire d'être triste pour bénéficier du réconfort d'un animal de compagnie : même les personnes en bonne santé, et qui se sentent bien, bénéficient de leurs contacts avec leur animal. En fait, ils considèrent généralement leurs animaux (du point de vue émotionnel et social, encore) de façon similaire à des personnes importantes dans leur existence, tels qu'amis proches ou famille. Les animaux représentent donc un soutien émotionnel et social fort.

C'est ce que rappellent les auteurs de l'étude : "Cette recherche présente des indices probants du fait que les propriétaires d'animaux bénéficient de la présence de leur compagnon, comme une importante source de support social et émotionnel. Les précédentes recherches se focalisaient sur les bénéfices des animaux de compagnie chez leurs maîtres en mauvaise santé mentale ou physique, mais il apparait que ces animaux représentent un apport positif pour tous, même pour les personnes en bonne santé physique et mentale.".

Malheureusement, l'étude ne peut conclure au sens de l'effet, si effet (de causalité) il y'a : possède-t-on un animal de compagnie lorsque l'on est d'un naturel extraverti, ou le devient-on grâce à l'animal? et concernant les autres caractéristiques de personnalité? Qui détient la clé de ce soutien, le maître, ou l'animal? Cette dernière question n'est pas anodine, puisque dans quelques années, nous verrons apparaître de façon plus visible les actuels projets de robots de compagnie, dont les vertus ont déjà fait l'objet de plusieurs études, lesquelles révèlent qu'en définitive, robots ou animaux, de compagnie, apportent du soutien social et émotionnel de façon étrangement similaire...

McConnell, A. R., Brown, C. M., Shoda, T. M., Stayton, L. E.;Martin, C. E. "Friends with benefits: On the positive consequences of pet ownership." (2011). Journal of Personality and Social Psychology, Vol 101(6), Dec 2011, 1239-1252. doi: 10.1037/a0024506